Toxic Handlers : Ces collaborateurs qui contribuent au bien être en entreprise
Équipe Unatti 18 octobre 2016
Toxic Handlers : Ces collaborateurs qui contribuent au bien être en entreprise

Il n’est pas rare au sein des entreprises d’avoir affaire à des collègues ou des managers communément appelés toxiques ou “toxic” en anglais. Le stress, la constante recherche de performance et de profit peuvent pousser certains collaborateurs à déverser leur anxiété et leur frustration sur leurs collègues. Sans surprise, ces individus sont de mauvais communicants, ne fédèrent aucunement les équipes et ne sont pas appréciés. Pourtant, il existe également d’autres collègues, aux antipodes, que l’on nomme “toxic handlers”, littéralement des “gestionnaires de toxiques” et dans une traduction plus  précise : “absorbeurs d’angoisse”. Des collaborateurs capables de gérer leurs émotions et de contribuer au bien-être de leurs collègues. De quoi s’agit il exactement ? Qu’est-ce qu’un “toxic handler” et comment en devenir un ?


A ce sujet, de nombreux articles se réfèrent à l’oeuvre de Gilles Teneau, chercheur responsable du Centre de recherches en résilience organisationnelle (CIRERO) et auteur d’Empathie et Compassion : des atouts pour l’entreprise durable. Les entreprises sont dans leur ensemble au coeur de nombreux changements, des bons comme des mauvais. Les restructurations, restrictions budgétaires, la charge de travail ou encore les acquisitions sont des raisons qui augmentent considérablement le niveau de stress.


Pour prévenir l’atmosphère parfois  tendue des entreprises, il existe des facteurs clés servant à éviter les conséquences extrêmes d’un mauvais environnement de travail (tel que le burnout par exemple), et pérenniser la cohésion, la collaboration et la bonne humeur dans les équipes. Ils paraissent simples et pourtant ils ne sont que rarement appliqués dans les entreprises. On l’oublierait presque, mais une entreprise c’est avant tout des êtres humains.


La compassion et l’empathie représente des vecteurs clés du bien être des collaborateurs et par transitivité de la réussite de l’entreprise. Dans une société portée par l’individualité il est essentiel de remettre ces compétences à l’ordre du jour, qui actuellement peine à être valorisées.

Chaque individu a son lot de souffrances personnelles et n’a nul besoin d’un collègue qui l’alimente d’autant plus. L’écoute et la capacité de se mettre à la place de son interlocuteur/trice sont donc essentielles. Pouvoir s’exprimer sur ses sentiments et même y être encouragé représente un accélérateur de bonheur certain.


Rien ne distingue les toxic handler des individus lambdas. Ils ne répondent pas à un poste ou une position hiérarchique en particulier. Ils possèdent en eux des vertus plus que bienfaisantes et n’ont pas tous le même profil. Il existe quelques moyens de les détecter, à l’aide du Scoring Résilience Strategie, ou le MIRO (test de mesure des indicateurs de résilience organisationnelle). Dans la globalité on distingue 3 types de “toxic handlers” selon Gilles Teneau:


  • Les porteurs de confiance”: capables de repérer la souffrance, à l’écoute et sympathiques. Mais ils n’interviennent pas et ne cherchent pas à comprendre plus en profondeur les problématiques des collaborateurs concernés.

  • Les porteurs de souffrance” : ces toxic handlers s’intéressent profondément au mal-être des individus qui les entourent, au péril de leur propre santé.  Ils sont tellement impliqués et sont sensibles à tel point qu’ils s’en infectent eux mêmes, parfois de manière profonde (burnout, fatigue extrême, maladie etc …).

  • les porteurs de compassion”: c’est de ce type de toxic handler qu’il faut  selon G.Teneau se rapprocher. Parce qu’ils sont humainement exceptionnels, il est plus rare de les croiser. Ces porteurs ont la capacité de canaliser le malheur des autres pour se donner la volonté d’avancer. En guise d’illustration, l’auteur de l’ouvrage cite entre autres, l’Abbé Pierre, Richard Branson ou encore Soeur Emmanuelle.


Les fondamentaux du mentoring reposent précisément sur les critères des toxic handlers : l’écoute, la bienveillance, la compassion ou encore le feedback ( https://goo.gl/n2mCEZ ). Les relations privilégiées entre mentors et mentorés permettent à l’un et à l’autre de monter en compétences. Il encourage fortement et permet de décupler les liens entre collaborateurs. Le mentoring offre la possibilité de s’exprimer, parler et se développer pleinement sans jugement et en toute confiance. Tous ces aspects sont partie intégrante de la dynamique du mentoring. Ainsi, tous les collaborateurs sont des “porteur de compassion” en devenir.


L’Equipe UNATTI


Article inspiré de:

  • Catherine BERNARD, Etes-vous un «toxic handler», un de ces employés qui absorbent l’angoisse et la souffrance des autres au plus grand bonheur de l'entreprise?, Slate, 10.06.2016  http://bit.ly/292iVYi

  • Elodie Buzeaud, Toxic handler, ces employés qui font du bien à l’entreprise, Cadremploi, 27.01.2015

http://bit.ly/292RUUC





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